Quoi! ne point aimer! suivre une morne carrière
Sans un songe en avant, sans un deuil en arrière!
Quoi! marcher devant soi sans savoir où l'on va!
Rire de Jupiter sans croire à Jéhova!
Regarder sans respect l'astre, la fleur, la femme!
Toujours vouloir le corps, ne jamais chercher l'âme!
Pour de vains résultats faire de vains efforts
N'attendre rien d'en haut! ciel! oublier les morts!
Oh non, je ne suis point de ceux-là! grands, prospères,
Fiers, puissants, ouu cachés dans d'immondes repaires,
Je les fuis, et je crains leurs sentiers détestés;
Et j'aimerais mieux être, ô fourmis des cités,
Tourbe, foule, hommes faux, coeurs morts, races déchues,
Un arbre dans les bois qu'une âme en vos cohues!
Victor HUGO, extrait de Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent (in Les Chatiments)
Oui, peut-être trouverez vous cette formule naïve, mais elle est si proche de mon idée "prendre le temps de vivre". Tout simplement, écouter ses peines, ses joies, son intinct, ses émotions, partir loin, seule, écouter le Silence, admirer la belle Nature, reine des prés, des bois, et des chemins tortueux fulminant dans les champs de blé. Caresser l'herbe, navoir rien à penser, l'ataraxie totale. La proximité, retrouver nos racines, vivre sans ces regards scrutants, ces paroles malhonnetes, ce fric sale et vicieux, ces cons qui nous enivrent jusqu'au mal de tête, toutes ces choses routinières qui bien trop vite nous réduisent à de simples robots.